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La dominance se transmet par le père

La dominance se transmet par le père

Sebastien Bohler
© Jean-Michel Thiriet
© Jean-Michel Thiriet

Les hommes dominateurs, à l'autorité naturelle, doués pour la politique ou la séduction, transmettent-ils leur assurance à leurs enfants ? Des neuroscientifiques de Bath, Cardiff et Cambridge au Royaume-Uni ont découvert qu'un père transmet à sa progéniture un gène qui influe sur le comportement de dominance sociale. La mère transmet un gène analogue qui est réduit au silence dans le cerveau des enfants et n'intervient pas dans leur comportement de domination ou de soumission.

Lorsque deux souris procréent, leur progéniture reçoit chaque gène en deux exemplaires, ou allèles : l'un vient du père et l'autre de la mère. Certains gènes font l'objet d'une empreinte parentale, c'est-à-dire qu'ils sont modifiés biochimiquement au cours de la croissance embryonnaire ou de l'enfance, par ajout ou suppression de groupes chimiques sur l'hélice d'adn porteuse de l'information génétique. Cette modification biochimique, dite épigénétique, modifie l'expression du gène concerné. L'allèle maternel et l'allèle paternel sont soumis à des empreintes différentes.

Les neuroscientifiques britanniques ont étudié un gène particulier, Grb10, qui reçoit des empreintes paternelle et maternelle distinctes. Pour cette raison, l'allèle hérité du père s'exprime différemment, chez les enfants, de l'allèle hérité de la mère. Pour déterminer le rôle de l'allèle paternel, ils ont créé des souris génétiquement modifiées dépourvues de l'allèle maternel, et vice versa.

Les résultats ont montré que le gène paternel s'exprime dans le cerveau et non dans le reste de l'organisme. Le gène maternel, à l'inverse, s'exprime dans de nombreux tissus de l'organisme, à l'exception du cerveau. En outre, l'absence d'allèle paternel de Grb10 se traduit par un comportement maximal de dominance. On en déduit que cet allèle paternel modère la dominance : selon son profil d'activité (qui varie dans la population), il atténue plus ou moins ce caractère. L'allèle maternel n'intervient pas : le degré de dominance d'une souris est déterminé par l'allèle paternel de Grb10.

Tout ce que l'on sait aujourd'hui du gène Grb10 c'est qu'il influe sur le développement de nombreuses aires cérébrales. Sans détailler les mécanismes neuronaux de la dominance sociale, cette étude met en lumière l'importance de la lignée paternelle dans la transmission de ce comportement, du moins chez la souris!

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