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Le schéma corporel

Le schéma corporel         

Le schéma corporel est la connaissance, la représentation, le vécu que l'enfant a de son propre corps. Il s'élabore lentement (il est achevé vers 11-12 ans) avec la maturité, il représente ce qu'il vit, ce qu'il expérimente, il sera indispensable à la construction de la personnalité de l'enfant.

Cette représentation résulte essentiellement de l'intégration des informations sensorielles multiples à la fois extéroceptives (visuelles, tactiles et auditives) et proprioceptives (cénesthésiques et kinesthésiques), notamment vestibulaires, musculaires, articulaires, tendineuses. La notion de schéma corporel se situe à la fois du côté du sensible (somato-esthésie) et du côté de la conscience (de soi).

Le terme a été créé en 1923 par un neuropsychiatre viennois,. Il a d'abord découvert l'ensemble des données cénesthésiques et sensorielles fournies par le corps lui-même, puis s'est étendu aux représentations et significations symboliques mettant en jeu toute la personnalité. Ce phénomène étant un produit à la fois de l'innée et de l'acquis, c'est-à-dire, de l'hérédité et du milieu.

L'acquisition du schéma corporel chez l'enfant

Le schéma corporel n'est pas inné, il se construit au cours du développement. L'intégration sensori-motrice est progressive. A la naissance, l'enfant n'est pas conscient du monde qui l'entoure, ni de son corps propre, ni de la séparation entre le deux. Ce sont les réflexes archaïques qui mettent en jeu les sensations tactiles et auditives (à l'origine des réactions de défense) ou orales (succion des objets). Les réactions dites 'schèmes préformés du comportement' (préhension, évitement), dénuées de toute signification pour l'enfant dans un premier temps, lui permettent un début d'orientation dans l'espace.

De la naissance à trois mois, les informations fournies par les différentes modalités sensorielles ne sont pas encore coordonnées. Le schéma corporel est donc limité à certains espaces locaux. Les formes primitives de schéma corporelles peuvent être observées lors de réponses posturales adaptées et d'interactions précoces entre systèmes sensoriels (ex, entre les sensibilité visuelles, tactiles...). La maturation, à cette période, va s'effectuer au niveau des structures nerveuses qui vont permettre une différenciation progressive des informations proprioceptives et extéroceptives, et donc l'apparition des premières coordinations sensori-motrices assurant un traitement spatial des informations sensorielles. Le bébé devient progressivement capable de distinguer son corps des objets du milieu environnant. IL devient également capable d'utiliser le schéma corporel comme un système de référence permettant la localisation et la saisie des objets par rapport à la position de son propre corps dans l'espace.

Vers 6 mois commence l'intégration des modalités sensorielles visuelles, tactiles et kinesthésiques. Les objets perçus par la vue vont permettre de reconnaître les différentes parties du corps ; ils sont portés à la bouche de telle sorte que peu à peu l'enfant en arrive à distinguer ce qui dépend de son propre mouvement et ce qui appartient au monde extérieur. C'est le début de la reconnaissance de l'objet et du corps propre, qui va être suivie d'ébauches d'anticipations sur la perception. Henri Wallon parle de 'motilité intentionnelle' projetée vers l'objet, apparaissant à partir de 1 an. L'espace objectif, distinct du corps propre, s'élabore ; la préhension a cessé d'être un réflexe automatique et devient soumis au contrôle volontaire ; la motricité est de plus en plus une activité dirigée vers un but et dotée de significations. La verticalisation confirme cette évolution d'abord par l'acquisition de la station assise (6 mois), puis de la station debout (9 mois), et enfin de la marche (12-16 mois).

Les bases du schéma corporelles peuvent être considérée comme constituées avec l'acquisition des déplacements autonomes, elles se complèteront par les expériences avec ce corps mobile au sein d'un milieu environnant. Par la suite, le schéma corporel s'affine avec l'acquisition du langage. Il atteint un premier niveau symbolique élaboré par l'apparition de la dominance latérale, qui se fixe vers 5-6 ans, à partir duquel se produit, en cas d'amputation, le phénomène du membre fantôme. Cette illusion de normalité corporelle se caractérise par la perception d'un corps globalement normal.

Les fonctions imitatives interviennent aussi dans la constitution du schéma corporel en permettant à l'enfant de mettre en relation son corps avec celui d'autrui. Pour Wallon, la construction du schéma corporel et celle de la perception de l'autre relèvent d'un même processus de développement, 'le mouvement est tout ce qui peut témoigner de la vie psychique et qui la traduit tout entière'.

Le mouvement est défini sous son aspect cinétique, comme 'action' et 'relation' au monde extérieur alors que la tonicité est spécifiquement 'expression de soi' et mode de relation avec autrui. Ainsi, le mouvement, expression cinétique, est le représentant de 'l'émotion extériorisée'. Pour Wallon, le passage de l'acte à la pensée s'explique par imitation, or, l'imitation est mouvement. Ainsi, l'imitation constitue un modèle dynamique au travers duquel se construit l'image du corps au travers du mouvement et de l'expression du corps de l'autre, des autres (Georges B, 2000)

Une conception similaire se retrouve dans les approches psychanalytiques (ex, F. Dolto, 1980) qui distinguent le schéma corporel de l'image du corps. Pour la psychanalyse, le schéma corporel, qui est en partie inconscient, mais également conscient ou préconscient, réfère le corps actuel dans l'espace à l'expérience immédiate. Il est en principe peu sensible aux variations interindividuelles : à âge égal, il sera le même pour les différents individus. A l'inverse, l'image du corps, qui est toujours inconsciente, est propre à chacun : elle est liée au sujet et à son histoire. Elle représente la synthèse vivante des expériences émotionnelles du sujet. Elle est constituée de l'articulation dynamique d'une image de base, d'une image fonctionnelle et d'une image des zones érogènes, lieu privilégié d'expression des pulsions.

Le rôle du miroir

Vers l'âge de 6 mois, le bébé est capable d'effectuer des comparaisons. L'enfant est capable de comparer les stimulations venant du monde extérieur et celles qui proviennent de l'intérieur de son propre corps. Il parvient également à faire la distinction entre des stimulations actuelles et des stimulations antérieures.
Cette aptitude explique qu'il puisse tourner la tête vers sa mère réelle après l'avoir vue dans le miroir, mais il voit encore cette image comme un dédoublement de sa mère.

A cette période, lorsque le bébé se voit dans le miroir, il voit un autre bébé qui fait les mêmes gestes que lui et porte des vêtements identiques aux siens. C'est à partir de cette perception que va commencer à s'élaborer la synthèse de son corps dont il ne perçoit initialement que des brides, il va devoir le rassembler dans une représentation plus unifiée de sa personne.

Il commence donc à percevoir son corps comme un tout, ce qui lui procure un sentiment intense de joie et une fascination pour sa propre image.

Ce processus d'élaboration du Moi va rendre possible une perception plus unifiée de la mère, il va parvenir à faire fusionner sa mère en une seule et même personne.

La reconnaissance de sa propre image va être plus tardive. Pour reconnaître l'image de ses parents dans le miroir, l'enfant se réfère à leur perception dans la réalité. En revanche, l'enfant ne se perçoit pas dans le miroir comme il se perçoit directement. Il doit donc comprendre que son corps propre ne se limite pas à ce qu'il ressent mais qu'il est perçu par autrui en totalité.

L'enfant va donc expérimenter son image à l'aide du miroir pour pouvoir se la représenter. Vers 8 mois, il va la toucher, vers 1 an il va accéder à une réalité plus symbolique, il va commencer à toucher des parties de son corps en se référant à son image dans le miroir, ses gestes restent encore maladroits et imprécis. Vers 16-18 mois, l'enfant développe son expérimentation par des comparaisons entre son corps réel et l'image. C'est à la fin de cette période, grâce à l'accès au symbolique, que l'enfant accède à son image dans le miroir.

Cette expérience du miroir a de nombreuses conséquences sur le développement de sa personnalité :
- un rôle structurant : l'enfant accède à une prise de conscience de l'unité individuelle en passant de ce corps morcelé à cette image unifiée.
- la mise en place du processus affectif d'identification : en s'appropriant sa propre image il met en place un "je spéculaire" (du miroir), c'est-à-dire un "je idéal" qui servira de fondement à toutes les autres identifications
- la mise en place de la fonction narcissique : l'enfant intègre et accepte dans sa totalité l'image de son corps, ce qui est fondamental pour la constitution d'un Moi unifié et équilibré, sinon le Moi est morcelé ce qui conduit à la schizophrénie.

Les troubles du schéma corporel

La somatognosie est la connaissance que l'on a de son corps et des relations entre ses différentes parties.

L'évolution du schéma corporel peut être suivi au travers du dessin du bonhomme.

Un mauvais schéma corporel est souvent associé à un trouble de la structuration spatiale (mauvaise latéralité, difficultés de repérage spatial). Cette représentation corporelle et l'utilisation des parties du corps sont perturbées chez les enfants déficitaires, par exemple, dans le cadre des dyspraxies. L'image que l'enfant a de son corps sera aussi perturbé chez les psychotiques et les autistes. Il y a, dans certains cas, d'autres perturbations plus ou moins importantes. L'enfant, dès 6 ans, à travers le regard d'autrui, va disposer d'une information sur son image corporelle.
La période de l'adolescence va être propice à certaines perturbations de l'image du corps, notamment parce que les transformations corporelles ne correspondent pas toujours à l'image psychique. Deux grandes perturbations de l'image du corps : l'anorexie et l'obésité.
L'anorexie apparaît chez les filles vers 14-15 ans : hantise de grossir, valorisation de la minceur qu'elles recherchent comme une valeur absolue. Maigrir, c'est pouvoir s'affranchir du corps, c'est réduire les désirs localisés dans le corps. L'anorexie constitue une défense contre la dépendance familiale, un refus des transformations pubertaires. Le corps se désincarne pour devenir garant du narcissisme.
L'obésité peut apparaître chez les enfants relativement jeunes. Elle va jouer un rôle différent selon les sexes, certains auteurs disent que l'obésité de la fillette est une sorte de déni de castration. L'obésité chez le garçon apparaît comme une protection passive de l'angoisse de castration.
L'expérience de la maladie va entraîner une atteinte du schéma corporel dans le sentiment de soi.
Ce qui intéresse le psychologue n'est pas la motricité proprement dite mais le corps dans son ensemble. C'est-à-dire, le corps en tant que réalité psychique, réceptacle de la perception, des émotions, partie du moi se constituant sous forme d'une image, lieu des expériences agit et vécues, le corps lié aux aléas de l'imaginaire fondé par la place et le désir de l'autre. Les troubles psychomoteurs sont étroitement liés aux problèmes affectifs et psychologiques, à l'histoire du sujet. La notion de trouble psychomoteur est difficile à cerner du fait de l'intrication des facteurs en jeu, du caractère évolutif des manifestations, de la multiplicité des formes et contenus. Les troubles psychomoteurs sont un ensemble de symptômes mais ne relèvent pas d'une pathologie particulière.

Pour résumer :

 Le schéma corporel s'élabore chez l'enfant par la coordination des facteurs suivants :

- une connaissance de son propre corps ;
- les relations avec les autres ;
- l'orientation spatio-temporelle ;
- la latéralité ;
- la structuration spatio-temporelle.

Un schéma flou et mal structuré, entraîne :

- du côté de la perception, un déficit de la structuration spatio-temporelle (difficultés d'adaptation, difficultés d'apprentissage : structuration, rythme, écriture, mathématique) ;
- du côté de la motricité, maladresse et incoordination (production orale, écrite) ;
- du côté de la relation avec autrui, l'inhibition, l'insécurité et l'agressivité (difficultés de construction des connaissances, difficultés dues à l'absence d'interaction avec les autres).

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