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المشاكل النفسية

L'enfant hyperactif

L'enfant hyperactif

La question de l'enfant hyperactif, comme celle de l'origine psychologique ou neurologique, fait couler beaucoup d'encre et déchaîne parfois des débats passionnels. Pourtant, il ne s'agit pas d'un trouble récemment apparu ni d'un phénomène de mode. Décrits depuis le début du XXe siècle, les symptômes d'inattention et d'instabilité ont subi différentes évolutions, tant au niveau de la terminologie (instabilité psychomotrice, hyperkinésie, trouble de l'attention avec hyperactivité, hyperactivité avec trouble de l'attention, etc.) que de l'interprétation.

Qu'est-ce que l'hyperactivité ?

Pour définir l'hyperactivité, il est justifié de se référer aux grandes classifications internationales :

Comme celle de l'American Psychiatric Association dans sa quatrième révision (DSM-IV), qui décrit le trouble déficit de l'attention/hyperactivité (Tdah).
Pour la recherche, on peut également se référer à la classification de l'OMS, la CIM 10, dont les critères diagnostiques sont voisins mais figurent sous le terme de trouble hyperkinétique.

Dans la population des enfants d'âge scolaire, la prévalence de l'hyperactivité est estimée, suivant les enquêtes, entre 2 et 5 % ; selon le rapport 2002 de l'Inserm, 200 000 enfants âgés de 4 à 19 ans seraient hyperactifs en France. On peut dire que, globalement, il y a un enfant hyperactif par classe.
Le trouble est plus fréquent chez le garçon, le sex-ratio étant d'une fille pour trois ou quatre garçons dans la population générale.

L'enfant dit hyperactif souffre de difficultés précoces et durables dans trois domaines :

  1. L'hyperactivité,
  2. L’impulsivité 
  3. L’inattention.

Ces manifestations sont inappropriées dans leur intensité, compte tenu de l'âge et du niveau de développement de l'enfant, et surviennent dans les différentes situations qui nécessitent :

  • • De l'attention,
  • • Une inhibition de l'impulsivité 
  • • Une restriction des mouvements.

L'inattention.

L'enfant a du mal à soutenir son attention et se laisse distraire par n'importe quel stimulus extérieur.

En famille, les parents disent :

" il semble ne jamais écouter ",
" il ne peut se concentrer ",
" il est aisément distrait ",
" il est tout le temps dans la lune ",
" il ne peut travailler seul ",
" il réclame plus de surveillance ",
" il passe sans arrêt d'une activité inachevée à une autre ",
" il perd toutes ses affaires ",
" il faut toujours tout lui répéter ".

Dans la vie sociale, l'enfant a de la difficulté à participer de façon adéquate à une conversation ; il se concentre difficilement sur les préoccupations des autres, intègre mal les règles du dialogue ou du jeu proposé. A l'école, l'enseignant se plaint que l'enfant paraît ailleurs, décalé par rapport aux autres, qu'il n'a pas le bon matériel.

L'impulsivité.

L'enfant répond et réagit vite, trop vite, sans envisager les possibles conséquences négatives, destructrices ou dangereuses de sa réponse, qu'elle soit verbale ou physique. Il a de la difficulté à attendre son tour, interrompt les autres…

Lorsqu'il veut quelque chose dont l'accès est contrôlé par un adulte et qu'il doit attendre pour l'obtenir (achat d'un jouet, séance de cinéma…), il harcèle l'adulte pendant tout le temps d'attente, se montrant aux yeux de l'entourage exagérément exigeant et égocentrique. Il manque de censure sociale et paraît " impoli ". Toutes ces interventions intempestives conduisent à de nombreuses punitions et remontrances, et aboutissent à un rejet par les pairs et les adultes.

L'hyperactivité.

L'activité motrice est excessive pour le niveau de développement ou inappropriée

l'enfant est animé de mouvements inutiles ou inadéquats, compte tenu de la situation et de l'activité :

" Il paraît entraîné par un moteur ",
" il ne peut rester assis ",
" il bouge tout le temps ",
" il fait des bruits incongrus ",
" il n'arrête pas de parler ".

Ainsi, à l'école :

  • l'enfant ne reste pas assis,
  • se lève sans permission, 
  • tripote des objets (crayons, petits jouets, trombones),
  • se retourne pour parler aux élèves des rangs arrière,
  • fait des bruitages incongrus, voire des commentaires à voix haute,
  • renverse, dans un grand fracas, règles et crayons,
  • parfois s'écroule avec sa chaise.

Selon l'importance respective des symptômes, on décrit trois types d'hyperactivité :

  • • le type mixte,
  • • le type à inattention prédominante
  • • le type hyperactivité/impulsivité prédominante.

L'expression des symptômes peut être différente selon le sexe. Les formes mixtes ou à hyperactivité prédominante seraient plus volontiers observées chez les garçons. Chez les filles, la forme à inattention prédominante domine : il n'y a pas d'agitation, l'enfant paraît rêveuse, dans la lune ; elle oublie ses affaires, est mal organisée.

C’est un trouble du développement qui commence dès le début de la vie, mais son expression est d'intensité variable et de forme différente selon les âges ; il est surtout diagnostiqué à l'âge scolaire (6-12 ans). Toutefois, les formes graves peuvent être repérées dès l'école maternelle ; en revanche, certaines formes passent longtemps inaperçues, car l'enfant fait beaucoup d'efforts pour se contrôler, et c'est lorsque les exigences environnementales augmentent que la gêne est ressentie et que le sujet consulte.

Les comorbidités :

le Tdah est rarement isolé, et les comorbidités accentuent l'échec scolaire et l'exclusion.

  • Les troubles des apprentissages
  • Le trouble oppositionnel et le trouble des conduites 
  • Les troubles émotionnels anxieux et dépressifs 
  • Les troubles du sommeil 
  • L’énurésie et l'encoprésie sont plus fréquentes chez l'enfant hyperactif que dans la population générale.
  • Les tics et le syndrome de Gilles de la Tourette (SGT) :

Ce qui ne doit pas être pris pour une hyperactivité :

De nombreux enfants peuvent présenter des troubles de l'attention ou des comportements agités.
L'enfant normalement turbulent : il aime courir, sauter, escalader, pédaler... Mais cette activité motrice est en rapport avec son âge et le contexte.
L'hyperactivité secondaire à une autre pathologie connue (somatique ou psychiatrique) ou à un traitement particulier : l'hémiplégie infantile, certains syndromes génétiques (syndrome de l'X fragile, syndrome de Williams...), des lésions cérébrales (traumatismes, épilepsies) ou des maladies endocriniennes, les traitements par corticoïdes, psychotropes, antiallergiques.
L'hyperactivité peut également être secondaire à des troubles graves du développement : troubles envahissants du développement, troubles du spectre autistique et syndrome d'Aspergor.
D'autres troubles psychopathologiques doivent aussi être éliminés : dépression de l'enfant, enfant souffrant de retard mental, enfant anxieux, enfant surdoué, etc.

Comment fait-on le diagnostic ?

Le diagnostic peut être suspecté par le médecin traitant, mais sa confirmation relève des compétences d'une équipe spécialisée, c'est-à-dire, en France, d'une équipe hospitalière de pédopsychiatrie ou de neuropédiatrie.
Le diagnostic est avant tout clinique, d'après le recueil des données auprès de la famille et de l'école de l'enfant, mais aussi d'après l'observation directe de l'enfant dans plusieurs situations : en consultation, en salle d'attente et lors des explorations complémentaires nécessaires.
L'évaluation est complétée par des tests cognitifs. L'examen psychométrique est fondé, par exemple, sur les échelles de Weschler qui évaluent les compétences intellectuelles et les capacités attentionnelles.
Certains tests sont plus spécifiques de l'exploration de l'attention - comme le test de Stroop, les tests de barrage, le CPT (Continuous Performance Test) sur ordinateur - ou de l'évaluation des fonctions exécutives (planification, flexibilité, mémoire de travail), qui sont altérées chez l'enfant hyperactif : la " Tour de Londres " ou le Wisconsin Sorting Card Test

Les facteurs neurobiologiques :
Sur le plan biochimique, la notion d'un dysfonctionnement dopaminergique et noradrénergique est reconnue depuis de nombreuses années et l'on sait que les traitements médicamenteux actifs interviennent en stimulant la libération et en inhibant la recapture de l'une ou l'autre de ces catécholamines.
Les hypothèses actuelles suggèrent l'existence, pour la dopamine, d'une hypoactivité corticale qui sous-tend les perturbations cognitives et d'une hyperactivité sous-corticale responsable de l'hyperactivité motrice. Pour la noradrénaline, une hypoactivité corticale serait impliquée dans le déficit de mémoire de travail et une hyperactivité sous-corticale serait responsable de l'excitabilité.

Les explorations en imagerie cérébrale (IRM, tomographie par émission de positons [PET], tomographie par émission de simples photons [SPECT]) renseignent sur les dysfonctionnements dans différentes zones cérébrales (zones préfrontales, striatum, corps calleux, cervelet…). Actuellement, on ne peut donc relier le Tdah à aucune zone cérébrale particulière.

Au niveau cognitif, le concept théorique est celui d'un trouble des fonctions exécutives. Parmi celles-ci, le défaut d'inhibition de la réponse (donc l'impulsivité) constituerait le trouble primaire et spécifique de l'hyperactivité.

Au niveau génétique, les études d'agrégations familiales montrent de manière convergente un excès d'atteinte chez les apparentés : diagnostic de Tdah chez 25 % des apparentés du premier degré contre 5 % dans la population témoin.

Les facteurs pré- et périnataux :

grande prématurité, hypotrophie néonatale, stress anténatal, intoxications pendant la grossessse (tabac, cocaïne, alcool, plomb).
Signalons le cas particulier de la carence en fer, cet élément étant impliqué dans la synthèse de la dopamine. Or, chez l'animal, la carence influence négativement le comportement .

Les facteurs postnataux :

la dépression maternelle, toutes les difficultés relationnelles intrafamiliales, les facteurs d'instabilité psychosociale (placement, précarité, maladie mentale d'un parent) sont susceptibles de contribuer à la constitution ou à l'aggravation du trouble. C'est pourquoi le contexte environnemental doit être largement pris en considération.

Quel traitement ?

Le traitement de l'enfant hyperactif est multimodal et, si certains médicaments se révèlent être utiles dans le traitement de l'enfant hyperactif, ils ne sont en aucun cas suffisants ; ils doivent s'intégrer dans un processus thérapeutique associant des approches éducatives, rééducatives, psychothérapiques et familiales.

1. Les psychothérapies
Les psychothérapies cognitivo-comportementales, en groupe ou individuelles, visent à modifier directement le comportement observable de l'enfant, mais aussi à aider ce dernier dans sa perception de lui-même. Elles s'adressent donc à l'enfant et à son environnement.
La psychothérapie psychodynamique : Elle permet non seulement de travailler l'histoire familiale, mais aussi d'analyser les conditions de vie et d'échanges dans lesquelles se trouve l'enfant.
2. Les rééducations

La rééducation orthophonique, la réeducation en psychomotricité sont non seulement utiles s'il existe des troubles associés d'apprentissages, mais aussi pour contribuer à la rééducation du trouble attentionnel, pour apprendre à l'enfant des stratégies adaptatives.

3. Les traitements médicamenteux : Les psychostimulants

L' enfant hyperactif n'est pas seulement un enfant turbulent ou distrait :il souffre d'un trouble authentique: le Trouble Déficit de l'Attention /Hyperactivité).Le TDAH concerne 3à 5% de la population d'age scolaire avec une nette prépondérance masculine .Il se définit par trois ensembles de symptômes : l'inattention , l'hyperactivité, et l'impulsivité qui selon leur 'importance respective permettent de décrire : le type mixte, le type à hyperactivité/impulsivité prédominante et le type à inattention prédominante (ce dernier type paraissant plus fréquent chez la fille) Le handicap engendré est important au niveau familial, social et scolaire, d'autant que de nombreux enfant souffrent de troubles associés Le traitement est multimodal avec prise en charge psychologique de l'enfant et de sa famille, aménagement pédagogique, rééducations …. et éventuellement prescription médicamenteuse .Actuellement les médecins français ne disposent dans cette indication que du méthylphénidate, sous une forme à libération immédiate (Ritaline 10 mg) ou sous formes à action prolongée
(Rilaline LP et Concerta LP )

Présentation de P. HUERRE

P. HUERRE est pédopsychiatre, directeur médical de la clinique médico-universitaire Georges-Heuyer à Paris, membre du comité de direction de la revue enfances & PSY et co-auteur (avec Danièle Guilbert) d'un ouvrage "Questions d'autorité" récemment paru chez Érès dont voici la présentation :
Face au développement supposé de la violence des jeunes et aux réponses caricaturales proposées, un questionnement sur l’autorité s’impose aux éducateurs, parents et professionnels. Qu’est-ce que l’autorité ? Qui la détient dans un monde qui a changé aussi bien du côté de la famille que du côté des institutions accueillant et formant les enfants et les adolescents ? Quelles sont les idéologies sous-jacentes ? Comment articuler l'autorité avec la nécessité, pour les bébés, les enfants et les adolescents, de trouver dans leurs environnements, certes des limites, mais avant tout des contenants ?

Questions de l'audience 

P. HUERRE propose à l’audience de poser des questions dont il se servira pour élaborer et ajuster son intervention.

Voici les questions posées :

  • Où commence l’Autorité ou s’arrête l’Autoritarisme ?
  • Que dire à une mère qui répond au professeur : « Mon enfant ne fera pas la punition » ?
  • Quelles sanctions en classe pour se faire comprendre et obéir ?
  • Le rapport à la loi, à la règle, à l’autorité ?
  • La cohabitation des règles de vie sociale et des règles de vie liées à un contexte familial.
  • La sanction, la réparation ou la punition ?
  • Par rapport aux adolescents, quelles limites entre Autorité et épanouissement, tout en conciliant les règles de vie familiales et sociales ?
  • Le respect mutuel enfants/adultes, comment ?

Intervention de P. HUERRE

P. HUERRE précise qu’il va construire son discours en lien avec ses références, ses connaissances et son recul par rapport aux grandes tendances, car ça fait 30 ans qu’il travaille.

Le désarroi des adultes

Il note une sensible évolution dans le mode éducatif des parents. L’expérience ne révèle pas que les parents soient démissionnaires mais plutôt trop bien attentionnés.
Cette évolution est liée au choix de la naissance, à l’investissement des parents sur leur enfant, qui est chargé de toutes sortes de missions.
Les parents sont dans la difficulté de combiner à la fois l’établissement des limites et l’affectif. En frustrant, en limitant leur enfant, ils craignent de perdre l’amour de leur enfant. Cette confusion prend de plus en plus d’ampleur.

Le positionnement de l’adulte, au-delà d’être parent

A la fin des années 60, la jeunesse éternelle, grâce au marketing, commence à faire son apparition dans les mentalités. La question de l’âge adulte n’étant plus conçue comme un privilège mais plutôt comme une dégradation.
De plus, avec la génération « Tanguy », les enfants restent à la maison de leurs parents de plus en plus longtemps, et se créée une situation illusoire de jeunesse chez les parents.
Les enfants, les adolescents ont besoins de points de repères générationnels.
Du fait du manque de repérages et de changements du sujet, au fil des âges, les adolescents amplifient leurs besoins à trouver des repères et nous recherchent nous en tant qu’adultes, de plus en plus.
C’est d’ailleurs la rencontre interhumaine adolescent/adulte qui va faire évoluer l’adolescent.

Supporter la conflictualité

Les adolescents cherchent l’adulte pour se construire. Maintenant, on rencontre de plus en plus d’ado qui retournent vers eux l’agressivité car ils n’ont personne sur qui rejeter la faute. Ils s’imputent les fautes à eux-mêmes et les responsabilités aussi (échec, suicides, scarifications…). Avant, les raisons étaient imputables à autrui et il était plus facile de se construire.
Quand l’entourage reçoit une critique, surtout il ne doit pas s’effondrer, mais juste la considérer à sa juste valeur. Quand un enfant renvoie à une image de mauvais parents à ses propres parents c’est qu’il est sûr qu’ils pourront le supporter. Sinon, il ne le ferait pas.
Certes, on ne peut pas toujours arriver à un consensus mais cet idéal existe et est à rechercher par le dialogue.
Il existera toujours des transgressions, car il est normal d’expérimenter les limites nouvelles et d’aller aux frontières et ce dès la naissance.

Anecdote

P.HUERRE fait un parallèle entre le besoin d’un environnement contenant et l’image d’un lit.
Si l’on propose un lit trop grand à un bébé, ce dernier va soit aller se caler dans un angle, pour se sentir en sécurité, soit il va tomber du lit. Le couffin semble bien évidemment plus adapté à la taille du bébé.
Ainsi, tous les enfants et les adolescents recherchent un contenant, que ce soit de l’ordre de la chambre, ou des règles de vie.
D’ailleurs, on dit des adolescents qu’ils sont décontenancés. Car maintenant, les parents sont en difficulté de tenir deux fils en même temps : celui de la compréhension de l’Autre et celui de la contenance et de la limitation.
Tenir ces deux fils représente le signe du respect de l’Autre. En effet, l’épanouissement s’appuie sur les limites animées par les respect de l’Autre.
Le laisser faire est pris, pour l’enfant, comme un signe d’irrespect, car il est incapable de s’autolimiter, quand le débordement commence.

Les règles de vie

Se questionner sur comment l’adulte a intériorisé les règles et sur le modèle que l’adulte propose, en lien avec les règles établies.
En effet, la cohérence est indispensable pour l’enfant, l’adolescent, en lien avec nos positions d’adultes et ce qu’on leur demande.
Si il y a trop de décalage, de contradictions, l’enfant met le doigt sur cette faille.

Dispositifs inter-adultes

Il est fondamental de réfléchir à ces dispositifs pour accompagner la construction identitaire de l’adolescent.
Par ailleurs, les adolescents se basent sur nos réactions face aux conflits, pour se débrouiller de leurs conflits intérieurs. Ainsi, il vaut mieux ne pas renvoyer de doutes à l’adolescent.

Des parents suffisamment bons

En tant que parents, Winnicott précisait qu’il ne valait pas être de trop bons parents. Car l’enfant est renvoyé à lui-même en permanence. Il a besoin d’entendre ce que les parents imaginent pour lui, sinon, il n’a pas de points de repères, de points d’appui.
Ainsi, un enfant sera plus à même de faire des choix, en lien avec le positionnement de l’adulte, à la parole de l’adulte qu’il aura investit.
Par ailleurs, l’anticipation des parents donne envie de grandir aux enfants. Quand un bébé commence à babiller, les parents se font une joie de dire qu’il commence à parler, ce qui donne encore plus envie au bébé de communiquer.

Les parents démissionnaires ?

Pourquoi les parents croient-ils ce que leur renvoient certains professionnels ?
En se positionnant ainsi, les professionnels émettent l’idée sous-jacente qu’il existe une bonne manière de faire et qu’eux ne font pas bien. Les parents se sentent forcément désappointés face à ce discours.
Nous sommes tous en droit de nous autoriser à penser ce qu’on dit, que ce que l’on fait est pertinent.

Que véhicule la société ?

La société actuelle est très adolescente :

  • le rapport au temps : c’est l’instant qui compte
  • la technologie : confusion entre l’avoir et l’être, « si j’ai, alors, je suis »
  • la théorique possibilité de choix : quelle transmission du goût pour le travail et l’effort, offre t-on à nos enfants ? Les adultes ne sont-ils pas en contradiction avec les valeurs qu’ils transmettent, quand ils vont travailler en soufflant, alors qu’ils demandent à leurs enfants de travailler à l’école !!! Ou quand, ils font des incivilités au volant de leur voiture, tout en demandant à leurs enfants d’être polis, respectables et respectueux!!!

Ces éléments :

  • accroissent l’écart entre ceux qui peuvent en profiter et ceux qui ne peuvent pas.
  • renforcent les extrêmes

Néanmoins, il n’y a pas de raisons fondées d'être pessimiste pour les générations à venir, car tous les adolescents sont porteurs d’idéaux et de valeurs.

Maintenant, ne serait-ce pas les adultes qui auraient une vision déterministe et pessimiste de l’avenir ? Et si c’est le cas, alors ils ne laissent pas la place à la génération suivante de se construire. Mieux vaut espérer qu’ils pourront faire mieux et en leur laissant la place aux rêves.
L’envie, la jalousie et la rivalité intergénérationnelle a toujours existé. En fait, les adultes désepèrent pour eux et projettent sur leurs enfants. Et les rêves des adolescents ne sont pas forcément considérés par les adultes. En tant que parents, de toute façon, nous n’avons pas le choix que de faire confiance à nos enfants.

Ainsi, respecter les rêves des adolescents et ne pas les rabattre à la réalité, permet aux adolescents de se construire leur propre vie et d’inventer une nouvelle société.« Le positionnement adulte, s’il est animé par le souci de l’Autre, est un élément de réassurance fondamentale et de liberté ».
P. HUERRE tient à préciser, qu’à sons sens, il faudrait .rajouter à la convention des Droits de l’Enfant, le droit pour chaque enfant à une autorité suffisamment bienveillante et fiable.

Attachement et estime de soi - Définitions

Les modalités d'interactions précoces, la valeur donnée par l'entourage aux comportements et les modes de réponse qui en découlent, ont un rôle essentiel dans la construction et le maintien de l'estime de soi.

Pour se sentir exister, chaque être humain doit être assuré d’une estime de lui-même suffisante. Cette estime de soi naît, se construit et se maintient dans le rapport à autrui, dans l’estime de l’Autre. Les modalités d’interactions précoces, la valeur donnée par l’entourage aux comportements et les modes de réponse qui en découlent, ont un rôle essentiel dans la construction et le maintien de l’estime de soi.
Le terme d’interaction, en psychologie et psychopathologie, renvoie au concept d’interaction interpersonnelle, sociale.
Une telle connaissance des interactions permet de comprendre de façon plus précise et objective la relation mère-enfant, non que l’interaction soit la relation mais elle en est au moins en partie le reflet. (M. DAVID et G. APPELL)

Définition de l’attachement :
"L'attachement naît des interactions réciproques entre un enfant et l'intervenante principale, que ce soit un parent ou n'importe quel autre intervenant à long terme.
Un enfant qui voit qu'une ou des personnes lui apportent une «base sécuritaire» est capable d'explorer son monde en confiance et en sachant qu'il est protégé de tout ce qui peut être dangereux (Leiberman, 1991).
Les interactions qu'il vit avec les personnes de confiance sont relativement homogènes, réconfortantes et prévisibles à la longue. De ces relations, l'enfant apprend: «On me comprend et je suis en sécurité». Les enfants qui établissent un attachement solide avec leurs intervenantes dès le plus jeune âge font preuve de meilleures compétences sociales et exploratoires que les enfants dont le lien n'est pas aussi riche.
Que se passe-t-il lorsque ces interactions positives permanentes font défaut à long terme? Le sens de maîtrise de la situation s'en trouve nettement diminué chez l'enfant. S'il apprend que ses besoins ne sont pas satisfaits, ce dernier a l'impression de n'avoir aucun impact sur le monde. Tout ce qui l'entoure devient donc imprévisible et désordonné, et ce sont ces valeurs qui l'inspireront dans son comportement. Il lui sera difficile de découvrir ses propres sentiments puisque personne ne les lui aura fait comprendre. L'étape de la compréhension des sentiments d'autrui représentera alors une tâche monumentale. Son concept de soi en souffrira également, car il aura appris que «personne ne l'écoute» et il en aura déduit: «Je ne vaux rien». Il arrive que les enfants mettent souvent à l'épreuve cette théorie ou cette image négative d'eux-mêmes en provoquant les personnes qui les entourent et en réalisant ainsi un «cercle de rejet» (Landy, 1991)." Sarah Uffelmann (petit-monde.com)

C'est une nécessité pour l'enfant de développer une relation privilégiée avec son entourage, d'abord avec les adultes puis avec ses pairs. L'enfant va reproduire ses liens d'attachement dans d'autres milieux, de plus en plus larges et ce qu'il se sera approprié sera la base de communication avec autrui.

D’un point de vue clinique :

La perspective de l’interaction a dans le champ clinique, une dimension préventive évidente. Il s’agit d’essayer de repérer des troubles de l’interaction avant que les difficultés ne se manifestent sous forme de symptôme de l’enfant ou de troubles de son développement. Le repérage de troubles précoces des interactions peut être l’indication de la mise en œuvre de mesures thérapeutiques (observation thérapeutique, suivi et soutien psychologique, consultations parents-bébé…).

En recherche non clinique:

On repère 3 types de travaux utilisant une méthodologie expérimentale :

  • 1 - Evaluation des modalités d’attachement du nourrisson à l’égard de ses figures parentales, maternelle notamment. Les travaux de J. BOWLBY l’ont conduit à élaborer la conception de la théorie de l’attachement, c'est-à-dire de postuler l’existence d’un besoin primaire inné de contact social chez le bébé, ne s’appuyant pas sur la satisfaction des besoins physiologiques, comme l’avait postuler S. FREUD.
    Bowlby affirme, en effet, qu'il existe chez l'homme "une tendance originelle et permanente à entrer en contact avec autrui", qui prend généralement pour cible la mère. C'est l'attachement, qui est un "besoin primaire", au même titre que les besoins de nourriture ou de chaleur. La théorie de l'attachement primaire s'oppose à la conception freudienne de l'"étayage", pour laquelle le lien affectif se construit secondairement, à partir de l'expérience de la satisfaction des besoins. D’après J. BOWLBY, le nourrisson est aux prises avec deux besoins en apparence contradictoires : un besoin essentiel de proximité associé très rapidement à un besoin d’explorer l’environnement.

Ainsi, la possibilité d’accéder à une autonomie d’action mais aussi de pensée et la construction de l’estime de soi sont très liées au type d’attachement (sécure, insécure : ambivalent et évitant), décrit par M. AINSWORTH, au cours de la Situation Etrange:

  • Un attachement sécure se met en place lorsque le nourrisson expérimente qu’il peut compter sur son parent, quand il a besoin d’être consolé ou réconforté. Ainsi, se construit chez le nourrisson l’image d’un Autre fiable, en même temps qu’une image valeureuse de lui-même. On trouve ici les prémices du lien entre estime de soi et estime de l’Autre. Dans ce cas, la capacité de se séparer et d’explorer l’environnement sera facilitée par cette image de fiabilité.
  • Un attachement insécure ambivalent (ou angoissé) se met en place lorsque le parent témoigne d’une certaine attention mais manque de disponibilité, varie dans ses réponses sans justification compréhensible pour l’enfant, présente des attitudes imprévisibles. L’enfant n’est pas sûr de pouvoir toujours compter sur le parent, ni de compter sur lui-même. Dans ce cas, la capacité de se séparer et d’explorer l’environnement peut devenir problématique.
  • Un attachement insécure évitant se constitue lorsque le parent est agressif et méprisant de façon régulière. L’enfant est sûr de ne pas pouvoir compter sur le parent, ni de compter sur lui. L’enfant tente de s’organiser pour survivre face au modèle de rapport de force qui lui est offert en évitant d’exprimer ses émotions et ses besoins. Des dysfonctionnements organiques (biologiques, génétiques, traumatiques…) peuvent jouer un rôle majeur dans la ggenèse de troubles du comportement.

M. MAIN a récemment souligné la relative stabilité de ces modalités d’attachement au cours de l’enfance et a mis l’accent sur leur transmission possible à leurs enfants lorsque ces enfants deviennent parents.

  • 2 - Les études du visage impassible, par TRONICK et COHN, démontrent à la fois la vulnérabilité et la force de l’attente des bébés par rapport à la mère, ou du partenaire avec qui ils ont l’habitude d’interagir. Ces données représentent un éventuel modèle explicatif de la genèse de troubles du bébé dans certaines situations cliniques, en cas de dépression maternelle. Risquent de se consolider des troubles de l’harmonisation affective entre les deux partenaires et les difficultés réciproques de partager leurs expériences émotionnelles, d’où le sentiment de solitude de chacun d’entre eux.
  • 3 - L’étude de la triade (bébé et ses deux parents), par A. CORBOZ et E. FIVAZ. Dans cette situation, il est très intéressant de voir comment s’aménagent les interactions au sein de la triade et comment les deux parents « négocient » entre eux et avec le bébé ce type de situation. On voit là tout l’intérêt de cette perspective de l’observation de ce « schéma d’être à trois » dont on peut penser qu’il n’est peut-être pas sans rapport avec la situation triangulaire oedipienne.

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